Rémy Soual

Quelle date ?

Et ta douce,

perdue dans les limbes

de son sommeil,

quand oseras-tu

toquer à sa porte,

histoire de réinventer

le chiffre deux ?

Longue est l’attente,

quand plus personne ne fait signe,

et qu’aucun ne prend le risque

de faire chavirer

le navire

dans l’océan

de la tendresse ?

Et ta douce,

te dis-je,

tu y penses chaque nuit,

quand l’hiver a glacé les élans,

existence programmée

au confinement.

***

Hors

Hors les murs,

hors les ornières,

rejoindre l’éphémère,

le vivace

effet

éphémère.

Hors soi,

Hors ses rejetons,

gagner

l’effet

papier

verre

où perce

la lumière.

Hors le seuil

hors le cercle,

toucher

la main

de l’étrangère

aux humeurs

passagères.

Extraits de  » Variation(s) 3042  » auto-édition, 2020

Plus d’infos : http://www.larivedesmots.com/

RÉMY SOUAL

Plus d’infos : https://www.recoursaupoeme.fr/author/remy-sou/

Son blog : http://www.larivedesmots.com/

Carole Carcillo Mesrobian. Alain Brissiaud.

Tu dis que le rouge

Attrape les rêves

Et délie les lèvres sombres du doute

Qu’avons-nous partagé

Si ce n’est le grenat de parler

Pour nous taire

Est-ce que les heures alignées sur le nombre des passages

Peuvent graver plus durement le mauve de la nuit

Que cet instant

de quelques plis d’aiguilles dans le fond des pendules

apeurées par la disparition du temps

***

Tu ôtes le dernier vêtement

et je me sens coupable

d’être encore ici à t’écouter

tandis

que tu me donnes à voir la trace sourde

celle-là même

souviens-toi au fond du corridor

toute nue

comme au désert

tu jetais la frange de pudeur

tu viens d’un endroit si vaste et calciné

qu’il en est beau

c’est un baiser d’adieu qui prend toute la place

ô vais-je échapper à tes questions

puissent-elles ne jamais revenir

Extrait de « Octobre » Phb éditions, 2020.

Plus d’infos : https://www.phbeditions.fr/auteurs.html

CAROLE CARCILLO MESROBIAN

ALAIN BRISSIAUD

Plus d’infos :

http://carolecarcillomesrobian.com/

https://www.recoursaupoeme.fr/auteurs/carole-carcillo-mesrobian/

https://www.recoursaupoeme.fr/category/auteurs/alain-brissiaud/

http://www.leshommessansepaules.com/auteur-Alain_BRISSIAUD-577-1-1-0-1.html

Eric Dubois

Nous sommes les poèmes du temps, les mots du ciel, les cris de la pluie, les silences du soleil, les larmes et les rires de l’orage.

Nous vivons des hypothèses et des sempiternelles questions. Nous sommes des pièges dans une histoire à écrire toujours.

Je suis le poème qu’on oublie.

La soif du ciel est l’avatar suprême.

On parle toujours de quelque chose sans parfois en dire davantage. Les mots forment la réalité. La charpente du temps soutient le poids des pensées.

Navigue toujours à vue et n’épargne pas les récifs.

Chaque corps obéit au magnétisme des temps.

Le bruit du monde est pour mes oreilles une chanson familière.

La pierre du langage fonde le désir.

Le mot est peut-être une caméra.

L’oeil exercé sait avant tout.

Il y a quelque chose.

Il y a quelqu’un.

Les cendres remuées emplissent les voix seules. La trajectoire fait l’existence.

***

Nous transitons dans l’après-nuit
dans les plaintes de l’abat-jour

Avec les regard obscur des oiseaux
l’invention du verbe et la sédimentation

Quelque chose de la cloche fêlée
perce la lumière chantre du possible

Un caillou intrus dans le fond
de la chaussure sur le trottoir

Nous dominons la vue le large spectre
il faut déplacer les pions

Et continuer à dire ce qui déjà a été dit

***

On est poussière
au bout de la table

Près de l’assiette

Un chemin tracé
dans la voix

Il faut faire surface

Remplir de sel
l’eau du puits

Dans la nuit nichée
des oiseaux parallèles

Extraits de  » Somme du réel implosif  » Éditions Unicité, 2021.

Plus d’infos : http://www.editions-unicite.fr/auteurs/DUBOIS-Eric/somme-du-reel-implosif/index.php

ERIC DUBOIS

Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie aux éditions Le Manuscrit, Encres Vives, Hélices, l’Harmattan, Publie.net, Unicité. Responsable de la revue de poésie en ligne et maison d’édition associative « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d’Eric Dubois ». Il est aussi l’auteur d’un récit autobiographique «  L’homme qui entendait des voix » paru en 2019 aux éditions Unicité.

http://ericdubois.jimdosite.com

https://www.patreon.com/ericdubois66

http://ericdubois.over-blog.fr

http://le-capital-des-mots.over-blog.fr

http://lecapitaldesmots.fr

Agnès Cognée

III

Les rochers de l’île

Parfois j’y échouais en nages incertaines

Battue par le vent les soirs de tempête

sous les ciels noirs

au creux des rochers je me nichais

m’accrochais à la paroi

L’eau furieusement m’invitait à danser

dans ses flots enfiévrés

Je me serais bien transformée en oiseau

tournoyer au-dessus des abîmes dans un dernier tango

Furieux mon corps aurait fini sa course

sur les pals granitiques

Sur l’île je n’entends que le vent

les voix du large ou de la terre sont rompues

les éclairs masquent la beauté de l’océan

J’aurais pu aimer ce paysage romantique

assise sur un trône de pierre

sous le joug de la reine des enfers

lui succéder un jour

me pétrifier devant les moires encolérées

C’est la nuit après la nuit

tu as invoqué le rempart de l’épée

Tu ne sais pas encore ce que te réserve celui qui t’aime

Il attend que ton besoin s’arrime à ta conscience

dans la petite pièce il prépare le feu
il voudrait bien que tu déshabilles ton cœur
laisse-lui coudre encore quelques poèmes

( … )

Extrait de  » Du ciel » Éditions Le Capital des Mots, 2021.

https://www.lecapitaldesmots.fr/e-boutique/du-ciel.-agnes-cognee./

AGNÈS COGNÉE

Geneviève Deplatière

Tu es

par clair de femme,

delta de ténèbres accordé

au chuchotis des marées ;

pour la houle à venir

tu t’incorpores

au temps, à ses saisons ravissantes ;

– tout recommencer toujours – délivrer les rêves ;

assurément tu habites une rencontre

Tu sais maintenant

que tu pourras t’en aller seule

sous une page blanche

***

Ouvrir les mains, redéfinir les contours,

car chaque pas prend du temps

Fermer les parenthèses, leur fauve cavale délire

hors du cadre

Dans l’intervalle, essayer la langue de la paix

qui laisse aux lèvres le goût de l’autre

Extraits de L’un seul, légendes , poèmes. Collection Le Vrai Lieu. Editions Unicité, 2020.

Plus d’infos : http://www.editions-unicite.fr/auteurs/DEPLATIERE-Genevieve/l-un-seul-legendes/index.php

GENEVIÈVE DEPLATIÈRE

Elle a publié dans différentes revues, a collaboré notamment à la revue Esprits Poétiques pour les numéros Dires d’elles en 2010 et Sortilèges en 2011.

Elle a publié dans des recueils collectifs et anthologies.

Elle a aussi publié des recueils de poésie aux éditions Hélices dans la collection Poètes Ensemble ! les recueils À corps secrets en 2005 et Matière première en 2011.

François Mocaër

Une parole qui condamne

est porteuse de pelures

Seul compte le silence

qui dompte les mots

et en abrège le sens

Le poème lui cherche la vérité

au-delà des formes

et se pend à la dernière expiration

d’un brouillard

dans un retranchement de syllabes

***

Nous cherchons la beauté

jusque dans le ravin d’une bouche

Nous cherchons le sens

qui est absolu presque sans forme

Des hommes ont abandonné

leur terre quand d’autres ont péri

après un désir

On pense à la quête vers le ciel

un déploiement de crinière

peut-être

Une suite sans fin de jugements

dans toute cette poussière

On n’existe pas

ou alors dans cette brisure

derrière le manque

Extraits de « Le don du silence est le diamant du vide. Poésie » suivi de « Définitions de Dieu . Le chant de l’éveil. Textes mystiques. » ( Nouvelle édition) Editions Unicité, 2020

Plus d’infos : http://www.editions-unicite.fr/auteurs/MOCAER-Francois/le-don-du-silence-est-le-diamant-du-vide-suivi-de-definitions-de-dieu-le-chant-de-l-eveil/index.php

FRANÇOIS MOCAËR

Auteur et éditeur. Plus d’infos : https://catalogue.bnf.fr/rechercher.do?index=AUT3&numNotice=11916348&typeNotice=p

https://www.saisonsdeculture.com/portraits/francois-mocaer/

Laurence Bouvet

Je sais que l’on pleure oui

dans le creux de nos reins

qui deviennent une paume

à l’envers de tes mains

**

A la cambrure du dos j’apostrophe

plus d’un silence à rompre

s’il le fallait

je me pendrais à ton air

sous tes essences d’ambre

et de cyprès

**

Je sais d’un savoir ancestral

d’avoir bu la soif et la ciguë

aux entournures suis pas vexée

de tes révoltes

bu les brûlantes morsures

bu les eaux des cadavres

quand le feu dans sa traîne

inonde au palais tes orages

bu le lait de lune pour preuve

Extrait de 3 in  » À Hauteur du trouble  » Éditions Unicité, 2021.

Plus d’infos : http://www.editions-unicite.fr/auteurs/BOUVET-Laurence/a-hauteur-du-trouble/index.php

LAURENCE BOUVET

Plus d’infos : https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2021/03/laurence-bouvet-perp%C3%A9tuelle-et-nue-l%C3%A9toile.html

https://www.printempsdespoetes.com/Laurence-Bouvet

Evelyne Charasse

J’ai perdu

Mon souffle

Le vent me l’ a pris

Quand

Tu es parti

***

Te voir

Et voir

L’horizon

Qui tangue

Comme une photo tremblée

Une photo floutée

***

Les mots

Que je veux te dire

N’existent pas

***

Redonne-moi

Le temps

Où mon coeur

Battait

Des mains

À tout rompre

Extraits de  » L’attente lumineuse  » BOD avec l’association Dialoguer en Poésie

EVELYNE CHARASSE

Chantal Robillard-Puvinel

Hiver

Les clôtures blanches

ont fabriqué des dentelles

brodées de vieux lierre

Sur le lac gelé

les oiseaux noirs pareils

à des notes de musique

Les éclats brisés

de neige et de glace

esquissent une voix lactée

Sans aucun pinceau

le grand vent d’hiver

dessine des mots de neige

Baiser de neige

baiser de neige brûlante

comme le rhum de l’amour

flambant

dans les chalets de là-haut

Scintillant dans la nuit

ton visage éclaire

lune brillante d’hiver

Extrait de  » Humane. Poèmes  » Ligue Cartonera. Livre d’art.

CHANTAL ROBILLARD-PUVINEL

Peintre, calligraphe, poète.

Plus d’infos : http://www.robillard-puvinel.fr

Alina Recoura

Identités


Je n’ai pas de région
racines du béton du fer de l’acier de la fumée
d’où je viens je suis attachée à l’intérieur
je n’ai pas un lieu
des lieux m’habitent
racines des exodes racines des exils
un peu de Haute-Savoie un peu de Bretagne
herbes se faufilent entre deux dalles
on vient de partout de la France et du monde
tu grandis là mais ce n’est pas chez toi
ton enfance c’est du vélo entre les voitures
le goudron qui fume le RER le bus le train qui passent
les mois d’août désertés
tes racines dans ton appartement le refuge et la source
des gens qui ne sortent plus
les vallées sont sur les murs
la mer dans les pensées
dans le ciel du troisième étage
ton tapis volant une feuille d’arbre
Région
Île-de-France
les tropiques les
Caraïbes
les requins les étoiles de mer
tu y nages comme un poisson dans l’eau

Bords de Seine


Papa je vais sur les quais
20h30 chips bières dans le sac à dos
Argh papa sait les quais les pontons les embarcadères
La Seine la mère d’une jeunesse orpheline de lycée
dès la fin de l’après-midi
jeunes regroupés y déambulent
fument joints boivent bière
lancent ballons dans l’eau
plongent le chercher
filles gloussent
garçons torses nus
Argh il sera un des leurs
Argh le jumeau était là
il est plus là
22h30 il est parti par le balcon
deuxième étage
il n’a plus de téléphone
les garçons partis du nid
papa tendu
Argh papa se réveille toutes les heures
2h30 un garçon rentre
4h ça sonne à la porte
le deuxième en claquettes chaussettes
il avait sauté du balcon
papa crie demande tu as mis ton réveil
les cours à distance arf arf
Argh
Arf
18 ans en 2020
en face de l’île Seguin

L’enfant


J’ai pensé à cet enfant de trois ans
qui un jour est venu me voir
avec son feutre d’ardoise
maîtresse il n’y a plus de batterie
le même qui prenait
les petites lattes de bois rectangulaires
comme un petit téléphone ou une petite tablette
il saisissait chaque extrémité dans ses doigts
puis activait chaque pouce
comme s’il appuyait sur des touches
le même parle peu comprend peu
le sens des mots et des autres
J’y ai pensé quant à l’arrêt de bus
sont arrivés un papa et son fils du même âge voir plus jeune
pas de paroles
l’enfant manipule le téléphone
grand comme deux fois sa main
bien mieux que son langage
il connaît les icônes pour changer de vidéo
avec dextérité il sait faire glisser ses doigts
et tenir de son autre main le téléphone
remontrer ou descendre le fil de l’écran

Extraits de « Banlieue Ville » avec des illustrations de Marjan. Éditions La Lucarne des Écrivains, 2020.

Plus d’infos : https://lalucarnedesecrivains.wordpress.com/je-commande/

ALINA RECOURA

Plus d’infos : https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2021/01/aline-recoura-curiosit%C3%A9.html