Marie-Anne Bruch

La folie a commencé une fin d’après-midi de printemps, alors que j’étais en train de réfléchir intensément depuis plusieurs heures, assise sur mon canapé-lit. Je cherchais une explication raisonnable à toute la succession de malheurs qui m’avaient frappée durant les quinze mois précédents. Mais ces réflexions raisonnables tournaient en rond ou se heurtaient à un mur, et ne menaient à aucune conclusion profitable, qui aurait pu me sortir de mon marasme.

Et puis ma pensée a pris des chemins de traverse jamais explorés jusque-là, des chemins insoupçonnés qui se sont brutalement ouverts devant moi. Comme si le mur contre lequel ma pensée cognait depuis des heures s’était soudainement effondré et que je voyais enfin la lumière de l’autre côté.

Sensation d’élargissement du monde mental.

Sensation physique de décollage après une longue période d’accablement.

L’idée d’un complot apparaît brusquement comme une révélation qui prend la place de toutes les réponses insatisfaisantes que j’avais trouvées jusque-là. Sensation d’avoir repoussé les limites de la pensée, d’avoir eu, jusque-là, une pensée bornée et mesquine qui se contentait de réponses sans envergure. Sensation d’avoir découvert une vérité, d’être entrée dans un monde nouveau où tout semble possible.

Quelque chose comme une ivresse qui donne envie de pousser l’aventure plus avant.


On ne pense pas à faire machine arrière.

***

Concerto pour flûte et harpe, 2è mouvement, Mozart -1778

Si les anges existent, et si certains d’entre eux sont musiciens, c’est probablement ce morceau qu’ils jouent. Mais ces anges ne se présentent pas comme des créatures inaccessibles qui vous jugeraient du haut de leurs sphères célestes, au contraire ils se mettent à votre portée, vous protègent et vous écoutent amicalement, tendrement.

Cette musique vous incite à aimer la vie terrestre et à accepter les choses telles qu’elles sont, sans vous plaindre, et avec une joie pleine de détachement. Elle incline la tête et vous montre la voie de la sagesse, qui est celle du repos de toute ambition et de tout désir.

Musique d’un Eden paisible, elle ignore la déchéance et la mort, puis déploie ses ailes pour nous survoler, dans la plénitude d’une transcendance souriante.

Extraits de  » La portée de l’ombre  » Editions Rafael de Surtis, 2020. Collection Pour un ciel désert.

Plus d’infos : http://www.rafaeldesurtis.fr/index.php?categ=accueil

MARIE-ANNE BRUCH

Plus d’infos : https://www.babelio.com/auteur/Marie-Anne-Bruch/515193

Son site : https://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Publié par Eric Dubois

Ecrivain, poète, artiste, responsable de la revue de poésie en ligne " Poésie Mag " , président de l'association culturelle " Le Capital des Mots ". Photo: © Frédéric Vignale, 2016.

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